Bien que ce billet ait été rédigé avant que la pandémie du coronavirus ne se ressente de façon intense outre-Atlantique, je le trouve à propos. En effet, le nombre d’appels aux lignes de prévention du suicide est en hausse là où je vis. J’espère que ce billet saura aider certain(e)s à faire face aux idées noires qui surgiront en ces temps de grande incertitude. Le confinement, le chômage partiel, l’anxiété constante face à un virus que nul ne sait comment combattre, le stress financier, le télétravail, sont autant de bouleversements qui causent beaucoup de détresse psychologique chez bien de gens.
Me revoilà après plusieurs semaines de silence par manque de temps, mais je l’avoue, pour cause de spleen intense et entretenu. Pourtant, j’ai terminé 2019 en beauté. Sur le plan personnel, je m’étais enfin retrouvée: une personne qui pense que le meilleur reste toujours à venir, qui adore danser et beaucoup rire et qui surtout, qui vit sa vie sans se préoccuper la plupart du temps des diktats sociaux. Je ne m’étais même pas rendu compte que je m’étais perdue, que j’avais oublié qui j’étais, trop occupée à survivre aux épreuves et autres imprévus. 2020 s’annonçait donc prometteuse: j’allais pouvoir mener de front plusieurs projets comme par le passé sans que rien ne puisse m’arrêter. Cependant, sans même que je ne comprenne pourquoi, j’ai commencé à broyer du noir et à être d’humeur massacrante 24/7 dès la première semaine de janvier. Même pendant mes vacances au soleil, j’avais la tête farcie d’idées noires et n’ai pas pu profiter complètement de mon séjour. Qu’est-ce qui m’arrivait?
En général, quand je traverse quelque chose de difficile, j’essaie toujours de me souvenir d’une situation similaire décrite dans la Bible: harcèlement au travail? David a été harcelée par Saul (1 Samuel 18:5-28). Personne malade au seuil de la mort? Les fils de la veuve de Sarepta (1 Rois 17:10-24), de la Sunamite (2 Rois 4:8-37), Ézéchias (2 Rois 20:1-11; Ésaïe 38:1-22); la fille de Jaïrus (Marc 5:21-43, Matthieu 9:18-26 et Luc 8:40-56), etc. Accusations injustes? Joseph (Genèse 39), Jésus (Marc 14:53-65) en ont souffert, etc. Je le fais afin de me rappeler que l’Éternel est intervenu dans chacun de ces cas. Je suis fortifiée par les paroles d’encouragement et les promesses qu’IL a prodiguées à chacune de ces personnes. Toutefois, lorsque je sombre dans le spleen, tout ceci passe aux oubliettes. Je n’arrive pas à prier, car j’ai cette espèce de quasi-conviction que ça ne servirait à rien. Quand je broie du noir, l’espoir passe par la fenêtre ainsi que la foi. Je n’arrive plus à accomplir quoi que ce soit, encore moins à penser et j’en arrive même à être convaincue que la vie n’en vaut pas la peine. C’est ainsi qu’à peine 2020 débuté, je semblais être sur le point de voir disparaître à nouveau l’optimiste (pragmatique) que je suis en réalité alors que les choses vont plutôt très bien dans ma vie.
J’ai décidé de prendre le taureau par les cornes. Puisque j’étais incapable de mettre de l’ordre dans mes idées, j’ai décidé d’aller chercher une solution sur Google. Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais Romains 12:2 en tête et je me disais que s’il est possible de renouveler ses pensées, il est fort possible que je mette fin à cette mélancolie injustifiée, mais persistante. Je suis alors tombée sur ce livre que je me suis empressée d’acheter et de lire en format numérique: Jhordan Solomone, Spiritual Warfare: Fighting demons that attack your mind. L’auteure a été opprimée pendant huit ans dans ses pensées et elle décrit les répercussions que tout ceci a eues sur sa vie de couple. Le décès de son fils l’a obligée à crier à l’aide à l’Éternel. C’est ainsi qu’IL lui a ensuite révélé qu’elle était victime d’oppression diabolique. Solomone explique qu’elle a surmonté cet état d’esprit par la prière et en se rapprochant de Dieu. En un mot, elle a mené un combat spirituel au niveau de ses pensées. Le livre n’est pas transcendant en soi, mais il m’a beaucoup aidée à identifier quel était mon problème: j’étais en train de me faire insidieusement voler ma joie à peine retrouvée.

Je me suis souvent demandé pourquoi Yeshua s’était senti obligé de nous préciser sans ambiguïté aucune qu’IL nous laissait Sa « paix » et non sa capacité à opérer des miracles.
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s’alarme point. » (Jean 14:27)
Puisque Yeshua s’adressait à ses disciples, IL a probablement utilisé le mot « Shalem » qui est la traduction araméenne de Shalom. Et lorsque l’on sait que Shalom signifie, d’un point de vue biblique, bien plus que « paix » et qu’il s’agit d’un état de complétude, on comprend mieux pourquoi Yeshua a choisi de nous laisser cet état « qui surpasse toute intelligence. » (Philippiens 4:7)
Shalom, c’est ce que la Sunamite répondait quand on lui demandait comment elle allait, alors que son unique enfant venait de rendre son dernier souffle sur ses genoux (2 Rois 4:23; 26). Ce Shalom est une grâce divine incommensurable qui permet de vivre notre condition humaine dans la sérénité.
En effet, des vicissitudes, nous en connaîtrons tous et contrairement à ce que les chantres de la pensée positive nous serinent, nous n’allons pas toujours tout surmonter avec nos propres aptitudes mentales. Avec le Shalom divin vient la joie (simcha). Je ne parle pas de la joie qui s’exprime forcément par des rires à gorge déployée ou une disposition à toujours faire la fête (« happiness »). Je songe plutôt à cet état de contentement auquel Paul fait référence et qui est indépendant de nos circonstances, de ce qui se passe autour de nous (« joy).
« Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie. » (Philippiens 4:11-13)
Plus le temps passe, plus je suis convaincue que Satan se fait un plaisir de voler le Shalom que Yeshua nous a laissé et donc in fine, notre joie, en nous bombardant de pensées noires.
« Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire » (Jean 10:10)
Il est donc vital d’être conscient de ce type de flèches enflammées et savoir comment les éteindre avant qu’elles ne fassent de dégâts. Dans mon groupe de prières, certaines requêtes sont aussi simples que « Je fais une petite déprime aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi. Pourriez-vous prier pour moi? » Tout le monde s’y met aussi sérieusement que si l’on devait prier pour une personne ayant reçu un diagnostic de maladie grave. Plus tard, la personne revient toujours témoigner du changement d’état d’esprit survenu plus tard dans la journée. J’ai d’ailleurs expérimenté ce revirement de situation toutes les fois où j’ai soumis de telles intentions de prières. Lorsque je n’ai pas envie de m’appuyer sur les autres membres du corps du Messie pour m’en sortir, je prends fermement position en Son Nom en me lançant dans une joute oratoire contre mon ennemi. Exactement, comme Yeshua lors de sa tentation (Matthieu 4.1-11; Luc 4.1-13), à chaque argument de l’accusateur, je lui réponds avec conviction: « Non, il n’en est pas ainsi. Voici ce que l’Éternel a dit ou a fait pour moi bla-bla-bla » et je poursuis ma journée. Je veille de plus en plus à ne pas entretenir certaines dispositions d’esprit en justifiant ceux-ci par mon état hormonal ou tous les impondérables de mon existence. En effet, j’ai compris avec le temps que l’ennemi ajuste ses tactiques à notre évolution spirituelle, de façon à être toujours plus subtil et dissimulateur dans ses attaques.
« Un cœur joyeux est un bon remède, Mais un esprit abattu dessèche les os. » (Proverbes 17:22)

J’ai aussi recours à des moyens plus terre à terre comme la musique et l’humour. Vous voulez lutter contre le spleen mais vous n’êtes pas « en forme » pour prier? Écoutez de la musique de louange! Il n’y a rien de tel pour semer la confusion dans le royaume des ténèbres, en cas d’attaques pour vous mettre à terre. Louez l’Éternel, chantez ses bienfaits à tue-tête, dansez et vous allez constater que vos idées noires prennent la poudre d’escampette! Je mets aussi désormais un point d’honneur à rire de bon cœur (même quand ça va mal), au moins une fois dans la journée , que ce soit en pratiquant l’autodérision, en regardant ou lisant quelque chose de drôle ou en côtoyant des gens qui ne prennent pas trop au sérieux. Il n’y a rien de tel que l’humour pour dédramatiser les choses.
Je sais que certaines personnes, y compris beaucoup de chrétiens, ont immédiatement en tête des images de films d’exorcisme en tête et lèvent les yeux au ciel dès qu’on leur parle de mauvais esprits, de démons et de l’accusateur, Satan. Cependant, comme le dit si bien Éphésiens 6:12-18, il y a une composante spirituelle à beaucoup de choses que l’on vit au quotidien. Je ne dis pas que toutes les affections mentales sont des cas d’oppression ou de possession démoniaque, mais beaucoup le sont. Il est important que tout chrétien, qui aspire à mûrir dans la foi, en soit conscient et sache faire la part des choses; c’est ça le discernement spirituel.
Au moment où ce billet est publié, plus d’un milliard de personnes sont sous l’effet de mesures gouvernementales de confinement. Quand l’angoisse pointera le bout de son nez, j’espère que cette version en hébreu du Psaume 23, version quarantaine, saura vous apaiser.
[…] Ce que je n’avais pas compris et que j’ai seulement découvert dans le désert est qu’il y a un aspect spirituel à tout ce que l’on vit. Je ne suis pas en train de dire que toute personne qui vivrait des difficultés financières, […]
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