
AVERTISSEMENT: Je vais débuter ce billet par trois remarques très importantes:
- Ce billet n’est nullement un réquisitoire contre les cultures africaine, afro-cubaine, cubaine (ou d’Amérique latine) dans leur ensemble. J’y fais part de conclusions personnelles qui n’engagent que moi.
- Ce site est un blogue chrétien donc il porte sur le contenu de la Parole de Dieu, son application dans ma vie et les décisions personnelles qui en découlent. S’il faut choisir entre ce que Jésus dit et ce que les êtres humains disent ou font, j’opte pour Jésus🤷🏾♀️.
- Je n’ai pas l’intention de m’autocensurer quant à certains sujets.

Cuba a toujours été chère à mon cœur parce qu’après la révolution, la population a commencé à revendiquer fièrement son héritage africain, contrairement à d’autres régions des Amériques ayant connu la traite négrière, #nonàlépurationculturelleafricaine. Lors d’un séjour dans ce pays, mes compagnes de voyage et moi avons été chaleureusement conviées par des inconnus, à assister à une cérémonie de santeria. Je ne connaissais pas grand-chose de cette religion syncrétique, si ce n’est qu’elle comprend un panthéon de divinités auxquels sont associés des saints catholiques. Toutefois, dès que nous sommes arrivées dans la cour de nos hôtes, j’ai vite compris avec les poulets, les autels, les gris-gris, l’alcool présents, ce qui était sur le point de se passer; après tout, je n’ai pas grandi en Afrique pour rien. Pendant tout le temps que l’on a été chez ces gens, j’ai récité en boucle le « Notre Père », la seule prière que mon cerveau apeuré pouvait formuler. Mes deux compagnes étaient athées. Cependant, quand le santero leur a mentionné des événements spécifiques de leur passé, la plus athée des deux a dit: « Je ne croyais pas en Dieu, en l’existence d’un être suprême et tutti quanti, mais là je crois. »
Quand le monsieur est arrivé devant moi, j’étais effrayée comme pas possible sous mon calme apparent. Il m’a juste dit: « Tu es sous la protection d’un homme âgé décédé, ton grand-père. » Il n’a rien pu rajouter d’autre. J’ai immédiatement pensé: « Euh, vu l’âge que j’ai, la probabilité que mon grand-père soit déjà décédé, est très grande. Raté, M.! » Je suis convaincue que Dieu avait dû lui embrouiller l’esprit bien comme il faut afin qu’il ne puisse pas « voir » quoique ce soit à mon sujet.
Je m’imaginais ne plus jamais avoir affaire de près ou de loin à cette religion. Toutefois, je me suis retrouvée récemment dans quelques situations anodines, qui m’ont amenée à amorcer une réflexion sur la question de l’adoration et/ou de l’adhésion insoupçonnée au culte de fausses divinités.

Dans la vingtaine, j’ai commencé à prendre de manière assidue des cours de danses cubaines: certaines (typiquement) afro-cubaines telles que la rumba et les orishas, d’autres populaires comme le casino (salsa cubaine) et la rueda de casino. Ne comprenant pas l’espagnol et ma philosophie de l’époque tendant vers un œcuménisme assez douteux (« la plupart des humains prient tous le même Dieu mais l’appellent différemment »), je ne cherchais pas à en savoir plus sur la santeria. De toute façon, j’étais convaincue que je pratiquais des pas de danse dépouillés désormais de toute connotation religieuse, puisqu’ils étaient enseignés à n’importe qui. En effet, en Afrique subsaharienne, la démarcation entre le profane et le sacré est très claire: vous ne verrez jamais des pas de danses sacrés enseignés à ou exécutés par des non-initiés ou non-adeptes desdites croyances.
Après une pause de plusieurs années, je me suis remise à la rueda de casino. Avec tout ce que j’avais lu entretemps dans la Bible sur les dangers du syncrétisme religieux, j‘avais décidé que je ne prendrai pas de cours sur les orishas et n’exécuterai pas non plus, pendant mes cours de salsa, de pas inspirés de leurs mouvements de danse. Lorsque j’ai participé au premier cours, j’ai tout de suite remarqué que le professeur portait des colliers de couleurs différentes autour du cou. Je me suis tout de suite demandé: « Est-ce un santero? ». Par la suite, j’ai noté durant le cours que des objets disparates, plus ou moins dissimulés sous une bâche, étaient disposés dans un coin du studio d’une certaine façon comme s’il s’agissait d’offrandes. Je me suis dit: « Il ne va pas me dire qu’il a établi son autel de santeria dans son studio!? ». Plus tard, lorsque j’ai fait des recherches internet sur l’instructeur, j’ai lu que c’était un adepte de la santeria. J’ai aussitôt arrêté de prendre des cours à cet endroit. Je me suis aussi promis d’être plus vigilante et de veiller à ne pas danser sur des chansons qui évoquent les orishas. Mission quasi-impossible, puisque de plus en plus de chanteurs de salsa incorporent des odes aux orishas dans leurs chansons.
C’est ainsi que je me suis retrouvée mal à l’aise au prochain cours où je m’étais inscrite, en pleine rueda endiablée, car j’ai entendu le chanteur citer le nom de quelques orishas. Des questions se sont succédé dans ma tête: « Mince! Qu’est-ce que je fais? Je quitte la roue? En continuant de danser sur cette chanson, est-ce que je ne suis pas en train de glorifier l’orisha que le chanteur vient de mentionner? » Une fois chez moi, j’ai poursuivi ma réflexion: comment est-ce que j’allais concilier mon amour de la musique et de la danse cubaines avec ce que j’ai lu dans la Bible sur le syncrétisme religieux?

Le syncrétisme religieux est le mélange de plusieurs croyances et pratiques de différentes religions identifiables. Il en résulte une religion métissée à part entière. La santeria (ou regla de ocha) est une religion syncrétique afro-cubaine, inspirée par les croyances animistes des esclaves Yoruba transportés à Cuba. Tandis que les esclavagistes espagnols pensaient les convertir au catholicisme, les esclaves ont substitué les noms de saints catholiques à ceux de leurs divinités. Cette ruse leur a permis de préserver et de pratiquer leurs croyances au fil des siècles, et ce, à la barbe de leurs maîtres. Les chants et danses sacrés se sont transmis oralement et toute une liturgie en Lucumi, une version cubaine de la langue Yoruba, s’est développée. Les divinités de la santeria sont appelés des orishas. Il s’agit d’esprits qui auraient le don d’ubiquité et qui représenteraient différents éléments de la nature. La santeria est caractérisée par diverses pratiques qui incluent des sacrifices d’animaux, des libations et des invocations des différentes divinités grâce à des tambours sacrés. Lorsqu’on exécute les pas de danse d’un orisha en particulier, on représente la divinité en question. Le prêtre qui officie pendant les cérémonies de santeria est appelé un santero et porte des colliers appelés élékés, qui représentent chaque orisha à qui le santero a prêté allégeance. Il est dit que lorsqu’un santero porte un collier sacré relevant d’un orisha en particulier, ce dernier investit alors la personnalité du santero; en un mot, le santero incarne cette divinité.
La rumba est une dance profane mais qui puise ses origines dans les rythmes de la société secrète afro-cubaine Abakua. Même si la musique et la danse des Abakua puisent leurs origines dans l’ancien empire Kongo, la spiritualité s’inspire des croyances animistes de la région du fleuve Oyono en Afrique de l’Ouest. La rumba et les danses des orishas ont beaucoup influencé le son, l’ancêtre du casino, nom réel de la salsa cubaine, puisque plusieurs membres d’orchestres de son, étaient à la fois des joueurs de tambours sacrés de santeria et des musiciens de rumba. Dans les années 60, des musiciens cubains ayant émigré aux États-Unis ont fusionné leurs sonorités pour créer le Latin Jazz, qui va inspirer des chanteurs portoricains à créer ce nouveau rythme, cette nouvelle « sauce », la salsa. À Cuba, on ne danse pas la salsa mais le casino et il peut se dancer à plusieurs, en formant un cercle qu’on appelle la rueda de casino. Dans les années 90, une nouvelle sonorité s’est développée dans la musique cubaine, appelée la timba qui est une fusion de musiques folklorique, sacrée, populaire cubaines et de rythmes non cubains (rock, reggaeton, hip hop, etc).
Les esclaves africains des Amériques et leurs descendants n’ont pas inventé le syncrétisme religieux. L’ Ancien Testament nous en parle abondamment et c’est d’ailleurs la cause principale de l’idôlatrie qui va causer la fureur de Dieu à l’égard des royaumes d’Israël (2 Rois 17:7-23), puis de Juda (Jérémie 44). Les populations du royaume du Nord seront amenées en captivité en Assyrie, tandis que celles de Juda iront à Babylone.
« Cela arriva parce que les enfants d’Israël péchèrent contre l’Eternel, leur Dieu, qui les avait fait monter du pays d’Egypte, de dessous la main de Pharaon, roi d’Egypte, et parce qu’ils craignirent d’autres dieux. Ils suivirent les coutumes des nations que l’Eternel avait chassées devant les enfants d’Israël, et celles que les rois d’Israël avaient établies. » (2 Rois 17:7-8)
« Ils abandonnèrent tous les commandements de l’Eternel, leur Dieu, ils se firent deux veaux en fonte, ils fabriquèrent des idoles d’Astarté, ils se prosternèrent devant toute l’armée des cieux, et ils servirent Baal. Ils firent passer par le feu leurs fils et leurs filles, ils se livrèrent à la divination et aux enchantements, et ils se vendirent Pour faire ce qui est mal aux yeux de l’Eternel, afin de l’irriter. Aussi l’Eternel s’est-il fortement irrité contre Israël, Et les a-t-il éloignés de sa face.-Il n’est resté que la seule tribu de Juda. Juda même n’avait pas gardé les commandements de l’Eternel, son Dieu, et ils avaient suivi les coutumes établies par Israël.- ‘Eternel a rejeté toute la race d’Israël; il les a humiliés, il les a livrés entre les mains des pillards, et il a fini par les chasser loin de sa face. » (2 Rois 17:16-20)
« Ainsi parle l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël : Vous avez vu tous les malheurs que j’ai fait venir sur Jérusalem et sur toutes les villes de Juda; voici, elles ne sont plus aujourd’hui que des ruines, et il n’y a plus d’habitants, à cause de la méchanceté avec laquelle ils ont agi pour m’irriter, en allant encenser et servir d’autres dieux, inconnus à eux, à vous et à vos pères. Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes, je les ai envoyés dès le matin, pour vous dire : Ne faites pas ces abominations, que je hais. Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ne sont pas revenus de leur méchanceté, et ils n’ont pas cessé d’offrir de l’encens à d’autres dieux. Ma colère et ma fureur se sont répandues, et ont embrasé les villes de Juda et les rues de Jérusalem, qui ne sont plus que des ruines et un désert, comme on le voit aujourd’hui. » (Jérémie 44:2-6)

Pourquoi est-ce que l’Éternel a répété à plusieurs reprises à Israël de ne pas s’adonner aux coutumes des peuples du pays de Canaan, voire de ne carrément pas les fréquenter? (Deutéronome 7:1-5). Sûrement parce que la conversion à d’autres mœurs et traditions ne se fait jamais du jour au lendemain, mais de manière progressive et insidieuse par des compromis de tous les jours. Il suffit de se dire, par exemple: « L’Éternel est un Dieu souverain, omniscient et omnipotent, qui a tout créé et qui règne sur tout. Dans la religion de mes ancêtres, on adore une personne à qui on a attribué des caractéristiques similaires. Elle s’appelle Zeus, Jupiter, Gnamien, Tata NZambe, Olorun/Olodumare, etc. Mais tiens donc, cette divinité, c’est en fait YWVH. » Excepté que lorsque YWVH a révélé son nom, il a dit exactement ce qui IL EST.

L’Éternel n’est pas une divinité parmi tant d’autres, IL EST CELUI QUI EST et son nom a une signification qui représente SON identité.
« Et Moïse dit à Dieu: Voici, quand je viendrai vers les fils d’Israël, et que je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous, et qu’ils me diront: Quel est son nom? que leur dirai-je? Et Dieu dit à Moïse: JE SUIS CELUI QUI SUIS (ehyeh asher ehyeh)« . (Exode 3:13-14; Darby)
Comment peut-on donc prétendre LE substituer aux faux dieux soi-disant suprêmes des autres religions, qui sont en plus polythéistes?
« Car aussi, s’il y en a qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, (comme il y a beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs,) toutefois, pour nous, il y a un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour lui, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui.« (1 Corinthiens 8:5-6)
Est-ce que les noms respectifs de ces divinités dans chacune des cultures où elles sont adorées, signifient:

« Car l’Eternel est grand et très digne de louange, Il est redoutable par-dessus tous les dieux; Car tous les dieux des peuples sont des idoles, Et l’Eternel a fait les cieux. » (Psaume 96:4-5)
Certains penseront que j’ergote mais c’est justement le contrairement. Le diable se cache dans les détails et s’il existe un livre où les mots sont utilisés avec précaution parce qu’ils sont lourds de sens et de conséquences, c’est la Bible.
Il y a un exemple de mise en place d’une religion syncrétique dans la Bible, il se trouve dans 2 Rois 17:24-41. Après la déportation assyrienne des 10 tribus du royaume du Nord, la Samarie est repeuplée par divers peuples, qui ont été amenés d’ailleurs pour venir occuper le territoire de l’ancien royaume du Nord, à la place des Israélites (2 Rois 17:24). Ces nouvelles populations ont veillé à importer et perpétuer leurs pratiques animistes dans « leur » nouvelle contrée, tout en « priant » l’Éternel.
« Ainsi ils craignaient l’Éternel, et ils servaient en même temps leurs dieuxd’après la coutume des nations d’où on les avait transportés. »(2 Rois 17:33)
« Ces nations craignaient l’Éternel tout en servant leurs idoles, et leurs enfants et petits-enfants agissent jusqu’à aujourd’hui exactement comme leurs ancêtres. »(2 Rois 17:41; Segond 21)
Les ennemis de Juda et de Benjamin apprirent que les fils de la captivité bâtissaient un temple à l’Eternel, le Dieu d’Israël. Ils vinrent auprès de Zorobabel et des chefs de familles, et leur dirent : Nous bâtirons avec vous; car, comme vous, nous invoquons votre Dieu, Et nous lui offrons des sacrifices depuis le temps d’Esar-Haddon, roi d’Assyrie, qui nous a fait monter ici. (Esdras 4:1-2)
En agissant ainsi, non seulement, ces peuples ne prêtaient pas une allégeance entière et absolue à YWVH mais ils provoquaient son courroux.
« Tu ne te prosterneras point devant un autre dieu; car l’Eternel porte le nom de jaloux, il est un Dieu jaloux. » (Exode 34:14; cf. Deutéronome 6:14-15)

Dans ma culture, il est répandu de faire des libations aux esprits des ancêtres ou aux divinités territoriales, pendant certaines cérémonies soulignant un évènement marquant de la vie d’individu. Par exemple, il n’est pas surprenant de voir, lors des célébrations traditionnelles des fiançailles ou du mariage de deux chrétiens, des membres de l’une ou l’autre famille verser de l’alcool à terre en offrande à des génies ou aux esprits des ancêtres. Vous pouvez aussi avoir des parents qui requièrent la protection des ancêtres sur leurs nouveaux-nés, en leur faisant des scarifications ou tatouages sacrés (ce qui est interdit par l’Éternel; cf. Deutéronome 14:1), leur font porter certains bijoux devant les protéger contre ce qu’on appellerait ailleurs le mauvais oeil.
Certes, il ne faut jamais renier ses origines et ses traditions. Toutefois, si ces coutumes nous éloignent de Dieu et nous maintiennent ou nous font retomber dans le péché insidieusement, notamment celui d’idolâtrie, UN CHOIX RADICAL S’IMPOSE. À l’instar de Josué, nous devons affirmer avec force:
« Maintenant, craignez l’Eternel et servez-le avec intégrité et fidélité. Faites disparaître les dieux que vos ancêtres servaient de l’autre côté de l’Euphrate et en Egypte et servez l’Eternel. Mais si vous ne trouvez pas bon de servir l’Eternel, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir: soit les dieux que vos ancêtres servaient de l’autre côté de l’Euphrate, soit les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Quant à ma famille et moi, nous servirons l’Eternel. » (Josué 24:14-15)

Si le découragement est paraît-il l’arme préférée de Satan, je pense que la séduction reste sa marque de fabrique. Se camoufler, donner l’impression qu’il n’existe pas ou qu’il n’est pas dangereux, muer de peau, tromper avec des belles paroles, des rythmes envoûtants ou des pas de danse… L’ennemi dispose de beaucoup de tactiques pour nous maintenir dans les ténèbres et nous retenir dans ses filets.
Après mes petites déconvenues liées aux cours de danse cubaine, je suis allée au concert d’un groupe brésilien. Avant de commencer sa performance, la chanteuse a dit quelques phrases en portugais et j’ai entendu les mots Yemanja et Oxum. J’ai me suis dit intérieurement: « Mais, c’est pas vrai; encore! Décidément! ». L’interprète venait de citer deux orixas; elle l’a confirmé en nous disant qu’elle venait d’adresser une prière aux divinités marines afin qu’elles bénissent le concert. En effet, les esclaves Yoruba envoyés au Brésil ont recréé avec d’autres esclaves provenant d’ailleurs en Afrique, une religion dédiée aux orixas, qui ne s’appelle pas la santeria comme à Cuba mais le candomble.

Alors, la femme chrétienne que je suis et qui sait désormais qu’il n’y a rien d’anodin dans le fait d’invoquer Obatala, Eleggua, Yemaya, Oshun, Shango, Oya, Ochosi ou Ogun avant un concert ou dans une chanson, qu’il n’y a rien d’anodin dans le fait d’esquisser des pas inspirés de leurs cultes en plein milieu d’une performance de casino, qu’est-ce que je fais? Il est vrai que des chanteurs latino-américains pourraient aussi faire référence à des divinités amérindiennes qui me sont inconnues et que dans ce cas, je n’aurais aucun cas de conscience. Toutefois, lorsque je sais à qui l’on fait référence, quel choix devrai-je faire? Glorifier des faux dieux par mon écoute passive ou ma danse active? (1 Corinthiens 10) Parce que soyons clairs: si les esclaves africains ont pu grâce au syncrétisme avec le catholicisme, pouvoir faire revivre leurs croyances païennes, je peux vous assurer que lorsque certains afro-descendants pratiquent aujourd’hui les religions de leurs pères, ils ne le font pas comme les samaritains qui « craignaient » l’Éternel tout en servant leur dieux (2 Rois 17:33; 41). Non! La grande majorité des adeptes de la santeria ou du candomble servent leurs orishas/orixas parce qu’en aucun cas, ils ne se reconnaissent comme étant des chrétiens. Pour ma part, côté danse, je vais continuer à en faire… chez moi où je peux décider entièrement du contenu de ma liste musicale de lecture, sans mauvaise surprise.
Je finis ce billet par un témoignage de John Ramirez, un ancien adepte de la santeria qui s’est converti au christianisme. Il évoque aussi une autre religion syncrétique afro-cubaine, le palo (la regla de Congo) qui est différente de la santeria et est issue des pratiques religieuses des esclaves Kongo.
La retranscription de la vidéo est ici: https://www1.cbn.com/700club/john-ramirez-out-devils-cauldron
NB: En ce qui concerne la propagation de certaines croyances païennes africaines aux Amériques, je suis tout à fait consciente que ces millions d’hommes et femmes arrachés cruellement à leurs familles, peuples et continent, ont été dépouillés de leur humanité et qu’ils ne pouvaient ni conserver leurs langues maternelles (un vecteur important de culture), ni leurs noms. Les quelques rares éléments culturels qu’ils ont pu préserver ont été leurs chants, danses et leurs traditions culinaires. Par la suite, au fil des siècles, tout ce qui était d’origine africaine (et amérindienne) a été littéralement diabolisé. Depuis la seconde partie du 20ème siècle, la reconnaissance progressive par les États latino-américains de la contribution africaine à l’identité nationale, s’est traduite entre autres par le fait d’accorder une plus grande liberté de culte aux adeptes des religions afrolatines. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles la santeria, le candomble, le vaudou, etc, prennent de plus en plus de place dans l’espace public et dans les moeurs de tous, y compris ceux qui ne sont pas afrodescendants. Toutefois comme je l’ai indiqué plus haut, en Afrique subsaharienne, il y a une stricte démarcation entre les cultes animistes et tout ce qui est profane.
Par conséquent, vous avez donc très très très peu de chances de vous retrouver sans le savoir (à moins que vous ne soyez pas originaire du pays ou de la région en question), dans une situation où des musiciens ou danseurs de musiques populaires, incorporent des éléments animistes dans leurs créations artistiques.